Malgré le refus de la fusion par le Gouvernement, des acteurs sociaux-économiques savoyards se réunissent demain pour imaginer un avenir commun et particulier.

Il n'y aura pas de collectivité Savoie Mont-Blanc. Du moins pas dans l'immédiat... Le gouvernement Valls et sa majorité parlementaire viennent en effet de refuser par deux fois les amendements en ce sens présentés par Michel Bouvard au Sénat et Hervé Gaymard à l'Assemblée nationale. Un refus gouvernemental d'autant plus cynique et absurde que dans le même temps, ce type de collectivité territoriale à statut particulier demandée pour la Savoie est accepté par le gouvernement Valls pour la Corse et la métropole du Grand Lyon.

Les Pays de Savoie conserveront donc encore pour un temps leurs conseils généraux et leurs deux départements à l'avenir plus qu'incertain, puisque dans le cadre de la réforme territoriale et des débats sur la loi NOTRe (Nouvelle Organisation Territoriale de la République) il semble bien que le gouvernement cherche à vider les départements de leurs compétences afin de favoriser leur disparition dans un avenir plus ou moins proche. Faudrait-il se résigner à laisser disparaître les départements savoyards et accepter la dissolution des Pays de Savoie dans Rhône-Alpes-Auvergne sans que les Savoyards n'aient plus de capacités de décision dans leurs territoires ?


Le fonctionnement de nos territoires bouleversé

Cette question est d'ores et déjà une réalité quotidienne. Dans plusieurs domaines de la société, les problèmes posés par la fusion Rhône-Alpes-Auvergne et la disparition possible (et prochaine ?) des départements et de leurs compétences suscitent déjà de lourdes questions : éloignement des centres de décisions et administratifs, fusions de communes et d'intercommunalités à marche forcée, coupes budgétaires dans les domaines d'interventions des conseils généraux, interrogations sur l'avenir du patrimoine culturel, etc... A cela s'ajoutent les tentatives récentes de suppression de la cour d'appel de Chambéry et de fusion de l'Université de Savoie avec l'Université de Grenoble. C'est le mode de fonctionnement de nos territoires, de nos démocraties locales, et de notre vie quotidienne qui se trouvent bouleversés.

Dans ce contexte inquiétant et incertain à de multiples égards, divers acteurs des secteurs composant la société savoyarde (économie, justice, agriculture, université, tourisme, etc...) ont jugé qu'il était temps de tirer la sonnette d'alarme et ont décidé de se réunir à l'occasion d'Assises de la Savoie, sous l'égide de l'Union des Sociétés Savantes de Savoie, de l'Université de Savoie Mont-Blanc et des Barreaux des Pays de Savoie.

Un modèle de développement original

Ces Assises se veulent l'occasion d'informer les Savoyards des changements auxquels sont confrontés nos territoires, mais aussi celle d'une prise de conscience : la Savoie existe non seulement en tant que territoire historique doté d'une culture et d'une identité qui lui sont propres, résultat de plus d'un millénaire d'histoire, mais aussi en tant que modèle de développement original.

Un modèle de développement réussi, adapté aux spécificités historiques et géographiques de la Savoie, et porté par ses acteurs socio-économiques qui se sont efforcés de travailler collectivement afin de maintenir la cohérence humaine des Pays de Savoie. Un modèle de développement socio-économique prometteur mais qui peine à trouver une traduction politique, bloqué par le centralisme français jacobin : les revers subis par les amendements présentés au Sénat et à l'Assemblée nationale sont là pour le prouver. Comme l'a justement souligné Hervé Gaymard lors des débats à l'Assemblée nationale : « (les deux départements savoyards sont) allés au bout de la logique de coopération. Il faut maintenant un saut institutionnel, car l’Assemblée des Pays de Savoie, qui réunit les deux conseils généraux depuis quinze ans, décide déjà de toutes les politiques relevant des compétences non obligatoires – l’agriculture, l’économie, la forêt, l’enseignement supérieur, le tourisme, les transferts de technologie ». Or, le gouvernement Valls et sa majorité parlementaire s'obstinent à refuser de mener à son terme la logique entamée lors de la création de l'Assemblée des Pays de Savoie en transformant les départements en collectivité à statut particulier. Faute d'existence institutionnelle politique, ce modèle de développement socio-économique savoyard se trouve donc inachevé et remis en cause par la réforme territoriale et ses conséquences.

Un changement de cap encore possible

Tout n'est pourtant pas perdu, et il est encore possible de changer de cap. C'est ce que les acteurs socio-économiques savoyards devraient s'attacher à montrer lors de ces Assises. Les réflexions et débats s'organiseront en deux tables rondes, qui se dérouleront le vendredi 27 février de 17h à 20h, sur le campus de l'Université de Savoie à l'Institut d'Administration des Entreprises (IAE) Savoie Mont-Blanc, amphithéâtre 012, à Annecy-le-Vieux, 4 chemin de Bellevue.

Au programme des deux tables-rondes, animées parClaude Barbieret Alain Veyret :

- économie

- tourisme

- agriculture

puis :

- université

- monde judiciaire

- monde hospitalier

avec des représentants des milieux économiques et des services publics, entre autres :

  • Patrice Jacquin, président de la Chambre d’agriculture Savoie-Mont-Blanc

  • Etienne Piot, président du Pôle de compétitivité Mont-Blanc Industries

  • Côme Vermersch, directeur de Savoie Mont Blanc Tourisme

  • Denis Varaschin, président de l’Université Savoie Mont Blanc

  • Un représentant des barreaux des Pays de Savoie



Lien sur le site de l'Université de Savoie Mont-Blanc : https://www.univ-smb.fr/actualite/evenement/assises-de-la-savoie/


Rodolphe Guilhot

 

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