Aux assises de la transition, for sale a été imaginé un avenir respectueux de ce vieux territoire savoyard qu'est le Bugey. On y causa d'économie, order d'éducation, store de santé et bien sûr de jardinage.

Les assises de la transition en Bugey, qui se sont déroulées les 28 et 29 juin à Belley, ont été l'occasion de connaître cet immense territoire partagé entre Rhône et Jura. Un territoire qui, comme l'a rappelé l'article Le Bugey, terre d'histoire et d'innovation, a été une composante essentielle du royaume du Bourgogne puis des états de Savoie. Pierre Duparc en fait même le reliquat de la grande province de Sapaudia qui a accueilli les Burgonde en 443, et donc en quelque sorte le berceau de la Savoie. Quoi qu'il en soit, Belley fait parti de son noyau originel et de la puissance des humbertiens. « Grâce au mécanisme de patrimonialisation des sièges épiscopaux décelé au début du siècle par Georges Manteyer et récemment mis en lumière par Laurent Ripart, le comte Humbert 1er put exercer pleinement son autorité dans l'évêché tenu par son frère et bientôt son petit fils », précise Cyril Ducourthial de l'université Lyon 2 dans Géographie du pays de Savoie en l'an mil.


Un territoire qui déborde l'évêché de Belley

La construction du Bugey va se faire en fonction de l'agrandissement des territoires. Déjà, le serment de paix prêté par le comte Humbert pendant un concile de 1030 montre un territoire qui déborde largement le petit évêché de Belley, déjà du coté de la Savoie propre, jusqu'à la Leysse, mais aussi sur le Valromey, le plateau d'Hauteville et le moyen haut Rhône (Dorche près de Seyssel). 

Le Bugey est déjà un bailliage sous le comte Amédée V, lors des guerre delphino-savoyardes. Le siège de ce Bailliage va osciller entre Rossillon, St Germain d'Ambérieu pour finir à Belley au 16e siècle. On peut voir le reste de la maison du bailliage qui est aujourd'hui l'office du tourisme du Belley.

L'annexion de la michaille, puis plus tardivement des terres de la famille des thoires et villard, et de l'acquisition de la supériorité féodale sur le prieuré de Nantua ont complété l'architecture de cette province où viennent de se tenir des assises de la transition. Elles se sont déroulés en deux temps avec le samedi consacré au débats puis le dimanche aux ateliers pratiques, stands et visites de jardin. 

Lutte contre les projets inutiles

Les débats du samedi ont permis de rappelé que le Bugey est aussi une terre de lutte écologique. Pas seulement contre le nucléaire et les forages d'hydrocarbures, mais aussi contre des grands projets inutiles comme ICEDA (installation de conditionnement et d'entreposage des déchets activés), une déchetterie nucléaire, et divers projets de carrière dont celui sur la commune d'Arbignieu qui vise plutôt à enfouir des déchets d'origine douteuse avec un risque pour la nappe phréatique.(voir ici

Ces luttes ont été mises en lumière dans la table ronde sur l'énergie et celles sur le « jardin planétaire ». Cette dernière a entre autre montré les impacts de ces projets sur les espaces naturels et agricoles. Les grands projets inutiles ont également été mentionnés dans la table ronde sur l'économie avec la présence de Daniel Ibanez, opposant à la nouvelle ligne ferroviaire Lyon Turin actuellement en construction.

Il nous a expliqué que la ligne historique qui passe par Ambérieu et Culoz dans l'Ain est un atout pour le bas bugey au niveau économique car c'est une infrastructure internationale (vers la Suisse et vers l'Italie). Cette ligne est largement sous exploitée au niveau capacitaire et pourrait permettre de développer l'économie locale du Bugey. 

La petite Toscane

En revanche, la construction d'une antenne d'autoroute entre Belley et l'A43 n'apporterait rien que des nuisances et détruirait ce qui fait l'atout du Bugey, ses paysages. Le Bugey et surtout la région autour de Belley, avec un paysage très naturel composé de petites colline, a d'ailleurs été surnommé « la petite Toscane », ce qui en fait un atout touristique pour le développement local. 

Les tables rondes ont malheureusement souligné la dégradation du paysage du Bugey depuis une dizaine d'année par un mitage de plus en plus prononcé. Ce qui aura des conséquences dans l'économie puisque cela risque de freiner l'activité touristique naissante.

Pour éviter d'être dépendant des soubresauts d'une mondialisation économique fluctuante, une économie locale doit être développée. Le Bugey a tous les atouts pour cela et doit axer ses priorités dans les domaines de l'énergie, de l'alimentation et du tourisme. 

Education et santé

L'éducation et la santé ont été des moments forts de ces tables rondes avec le témoignage de Robert Place, qui a participé avec d'autres enseignants à une expérience où il ne mettait plus de note en classe. La table ronde sur l'éducation s'est attachée à parler d'une éducation émancipatrice, qui favorise la connaissance et le dépassement du cadre pour accepter d'aller vers un changement. 

La table ronde sur la santé a été tenue par Lise Lohéac, conseillère en fleurs de Bach. Elle a démontré que les systèmes de santés parallèles ne devraient pas entrer en concurrence avec les systèmes de santés traditionnelles mais devraient être utiliser de façon complémentaire.

Un stand sur la santé était présent le dimanche en complément de la table ronde. Il y était proposé des activités de réflexologie et de fleur de bac, ainsi que des visites de jardin pour aller voir des plantes médicinales sauvages. 

Un jardin éco-paysager

Les assises furent aussi l'occasion de découvrir le jardin éco-paysager de Saint Anthelme, lieu phare de l'association organisatrice des assises : l'association j'art d'ain partagé. Ce jardin s'organise autours d'un vaste théâtre de verdure qui rappelle l'antique Vicus romain de Belley. Rappelons que près d'ici, furent retrouvés les restes de thermes romains d'assez grande dimensions. 

La première impression du jardin est celle d'une prairie et les auteurs ne cachent pas leur admiration pour Gilles Clément et ses travaux sur le jardin en mouvement, le jardin planétaire et le tiers-jardin. Une des tables ronde a d'ailleurs pris un de ses titres.

L'autre inspiration, pour la construction du jardin, est celle de l'architecte paysagiste Michel Corajoud. En effet, ce jardin laisse apparaître les différentes strates de son passé. Par exemple, les planches et l'alignement de fruitiers. De plus, il ouvre le paysage sur l'extérieur : les lignes horizontales des immeubles de la cité voisine font parties intégrantes de la composition paysagère. Et le centre du jardin est composé d'un cercle ouvert. 

Le jardin est aussi le siège de jardins vivriers partagés qui recréent un lien entre l'homme et la terre. Des cultures apparaissent comme des îlots dans des espaces sauvages où les ronces (Rubus fruticosus), les gerbes d'or (Solidago canadiensis) et la renouée du Japon (Reynoutria japonica) font parties intégrantes du jardin et peuvent choquer certains esprits puristes.

Le jardin a été conçu dans une optique écologique d'économie d'énergie grise et d'entretien. Il est en gestion différencié. Les déchets de tontes servent aux patates sur gazon ou à faire du mulching. C'est aussi un espace pédagogique et ludique pour l'étude des écosystèmes et pour connaître les techniques d'agro-écologie.

Pendant les assises, le jardin a été le support pour les oeuvres d'art de Mireille Belle, artiste de Belley. 

Poêle de Masse et construction de terre

Ces assises ont été surtout l'occasion de voir la mises en œuvre de nouvelles techniques de construction comme la paille avec un enduit terre, ou la construction à partir de briques crues. 

Mais le clou du dimanche a été la construction en moins de six heures d'un poêle de masse par l'association oxalis. Le poêle de masse est un mode de chauffage réellement innovant. Il permet, avec une combustion de bois de une ou deux heures, de chauffer sa maison pendant toute la journée, donc à la fois de faire une réelle économie de carburant et d'utiliser une énergie renouvelable.

C'est dans l'optimisation et l'économie des ressources matérielles, mais surtout dans l'innovation et la créativité que se trouve l'essence d'une transition qui nous permettra d'affronter les défis du XXIe siècle. Ces assises ont été l'occasion d'entrevoir et de donner des pistes pour nous approprier les outils qui nous permettront cette innovation et cette créativité.

Louis Aleman d'Arbent

Plus d'info sur http://bugeyentransition.wordpress.com/ et http://jartdainpartage.over-blog.com/

 

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