Le Savoisien Fabrice Dugerdil va passer par la case prison. Il n'a pas cherché à l'éviter, viagra 60mg faisant de cette incarcération une question de principe. Et un super plan de com'. Interview.

Après être passé devant une juge d'application des peines du TGI de Bonneville le 16 septembre, shop Fabrice Dugerdil a reçu la semaine dernière son verdict. La notification d'une incarcération pour trois mois, suite à sa condamnation par la Cour d'appel de Chambéry en janvier 2012. Il était poursuivi pour avoir refusé de présenter ses papiers à un gendarme qui l'avait arrêté pour des plaques d'immatriculation non conformes (voir notre reportage). D'après cet homme doté du titre de ministre de l'Intérieur du Gouvernement provisoire de l'Etat de Savoie, ce sont les gendarmes qui étaient en tord en se trouvant sur un territoire neutralisé comme le stipule le traité d'annexion de la Savoie de 1860. La justice en a décidé autrement, et le Savoisien va donc bientôt se retrouver derrière les barreaux. Un séjour en prison qu'il perçoit aujourd'hui comme le meilleur plan de com' possible pour la cause savoisienne.

Fabrice Dugerdil, les gendarmes ne sont pas encore venus vous chercher ?

Non, je n'ai aucune nouvelle, j'attends une convocation à la gendarmerie. A moins que l'on n'envoie les gendarmes chez moi pour m'arrêter. Cela peut arriver n'importe quand, on ne m'a donné aucune date, aucun délai. 

Vous êtes prêt à aller en prison ?

Je préfèrerais que ce ne soit pas le cas, mais je refuse de payer 3600 euros d'amende à l'Etat français (ndlr : la transformation de sa peine de prison en 90 jours-amende de 40 euros proposée par le juge). Donc s'ils viennent me chercher, j'irai en prison. 

Vous n'avez pas demandé d'aménagement de peine ?

Non, car cela voudrait dire que je reconnais ma faute. Comme j'estime que je ne suis pas en France, je ne reconnais pas l'autorité française et je ne vais donc pas lui demander quoi que ce soit. 

Sauf que la France exerce bien son autorité sur la Savoie, avec ses forces de l'ordre...

Oui, mais pour moi elles sont illégitimes. 

Vous cherchez une condamnation en vous en prenant à un état de fait ?

C'est le seul moyen de faire parler de nous, de revendiquer nos droits. Jusqu'à il y a 15 jours, on n'entendait pas parler des Savoisiens, si ce n'est dans la rubrique des chiens écrasés. Là, on parle de mon cas sur RTL, RMC, Aujourd'hui en France, c'est connu au niveau national. 

Cette condamnation est donc une bonne chose pour vous ?

Publicitairement, oui, c'est une très bonne chose. Grâce à cela, on a pu avoir des contacts avec des avocats qui s'inquiètent de voir que si on viole quelqu'un on prend deux mois, mais si on met des plaques non conformes, on en prend trois, sans échelonnement de peine. 

On ne prend quand même pas deux mois pour un viol... et vous n'avez pas demandé d'aménagement de peine.

Non, je n'ai rien demandé, mais une personne ayant fait une attaque à main armée avec un couteau a pris deux mois fermes seulement. En fait, on prend moins en s'attaquant à une personne qu'en s'en prenant à l'Etat. 

Vous êtes condamné pour n'avoir pas accepté de répondre à un contrôle de gendarmerie.

Oui, j'ai refusé de présenter mes papiers et je circulais avec des plaques avec un faux numéro. Contrairement à ce que laissent entendre les médias, ce n'étaient pas des plaques savoisiennes classiques avec les numéros d'immatriculation français mais des « plaques diplomatiques » avec leurs propres numéros. 

Avec ces plaques, vous n'étiez donc pas identifiable.

Tout à fait. 

C'est logique que les gendarmes ne laissent pas passer ça.

Oui, dans leur logique, mais je considère que ce sont eux qui transgressent la loi en étant présents dans une zone neutre où ils n'en ont pas le droit. C'est d'ailleurs le Journal officiel français qui le dit. 

Quand ça ?

Celui du 21 novembre 1948 qui stipule que le traité de 1860 est remis en vigueur. 

La neutralité de la Savoie, cela fait bien plus longtemps que ça qu'elle n'est plus appliquée et que les gendarmes sont présents partout en Savoie du nord.

Ce n'est pas parce que le traité n'est pas appliqué qu'il ne doit pas l'être. Ce n'est pas parce que tu violes une fois une fille que tu peux le faire tous les jours ! 

En vous arrêtant, les gendarmes n'ont-ils pas simplement fait leur job ?

Ils doivent certes faire leur travail, mais aussi respecter la constitution française et donc les traités internationaux. Ils pourraient aussi refuser un ordre illégal et ne pas se rendre en zone neutre. 

C'est leur travail quotidien...

Oui, au quotidien, ils violent le droit français. Moi, en utilisant des plaques avec de faux numéros, je commets le seul délit qui ne met personne en danger. Et je n'ai pas tenté de m'enfuir ni de me soustraire à quoi que ce soit. 

Vous avez refusé de présenter vos papiers.

J'ai demandé au gendarme sa carte professionnelle et il ne l'avait pas sur lui. Comme je ne savais pas qui il était, je n'avais pas à lui présenter quoi que ce soit.

Vous deviez bien vous douter qu'il était gendarme... 

Je sais que je cumule, mais je ne me plains pas de mon sort. Je savais ce que je risquais.

Et vous êtes disposé à aller en prison pour la cause savoisienne malgré les risques que cela implique pour votre travail ou votre famille ? 

Il n'y a pas de meilleur com'. J'en ai discuté avec ma femme et nous avons convenu que c'était la seule solution. Donc je ne veux pas aller en prison, mais c'est la seule façon de faire savoir ce qui se passe en Savoie.

Vous avez prévu de faire quoi en prison ? 

Je ne sais pas, peut-être une grève de la faim ou de la soif, histoire d'en rajouter une couche. Je vais sans doute surtout travailler sur une plainte contre l'Etat français, avec l'UNPO (ndlr : organisation des nations et des peuples non représentés) et mon avocat qui vont oeuvrer de concert pour aller devant la Cour européenne des droits de l'homme.

Quand vous parlez de grève de la faim ou de la soif, vous vous voyez bien en martyr savoisien ? 

Non, je ne suis pas un martyr, je suis dans mes droits et j'ai raison. Si on me condamne, c'est que je suis une personne à abattre pour nous faire taire. Mais je ne serai pas le premier Savoisien en prison, le premier en garde à vue. Reste que des choses doivent se savoir et il n'y a pas d'autres moyens. Et puis en prenant trois mois, j'en ferai deux avec les remises de peine. Quand on voit ce qui se passe dans d'autres pays, je ne suis quand même pas au niveau de ce que certains subissent.

La France n'est pas si méchante alors ! 

Par rapport à ailleurs, non. Mais si on me retrouvait suicidé, que les gens se posent des questions, car je n'ai pas du tout l'intention de faire ça. Et je mènerai mon combat jusqu'où la France est prête à aller pour nous faire taire.

Propos recueillis par Brice Perrier

 

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