Areva veut vendre sa filiale informatique dont l’un des centres est à Technolac. Ses employés savoyards redoutent une délocalisation, viagra buy et pour sensibiliser l’opinion, medications les voilà prêts à se transformer en fessemen.

C’est un des plus gros employeurs de Savoie Technolac, clinic où Euriware compte 200 salariés. Tous menacés par la vente de la filiale informatique d’Areva, annoncée lors d’un Comité central d’entreprise le 11 juillet dernier. Une affaire passée plutôt inaperçue, au grand dam des 2000 employés d’une entreprise bénéficiaire mais jugée non-compétitive dans le marché très concurrentiel des SSII (société de service en ingénierie informatique). « Cela montre que la politique d'Areva est pilotée par l'argent et non par la sécurité, un comble quand on traite du nucléaire », nous alertait dernièrement des salariés savoyards d’Euriware. Et aujourd’hui, ils sont prêts à devenir des fessemen pour enfin attirer l’attention, lançant une page facebook (voir ici) où, à chaque millier de like, vous aurez droit au postérieur d’un ou d’une employée. En attendant, le délégué CGT du centre de Technolac est dans La Voix pour plaider contre le dessapage de son entreprise.

Thierry Achaintre, avez-vous été surpris quand on a annoncé lors du Comité centrale d’entreprise qu’Euriware allait être mise en vente ?

Non, car le 10 juin, le PDG nous avait déjà parlé d’un projet de partenariat capitalistique. Il n’utilisait pas le terme de vente, mais, depuis fin mars, circulait en off l’info selon laquelle le PDG d’Areva souhaitait céder Euriware à une SSII du marché. Il a fini par annoncer la vente car on était en train de gêner les négociations en cours. Du moins, c’est notre ressenti.

Pourquoi les gêniez-vous ?

On nous a annoncé un calendrier sur les négociations avec les repreneurs, avec trois candidats devant remettre leur offre avant fin août, le choix étant prévue pour mi-septembre et la signature avant la fin de l’année. Mais dès le début, et encore plus maintenant, on était persuadé que les négociations avaient démarré bien avant ce qu’on nous dit. Je ne peux pas croire qu’Areva choisisse en deux semaines le repreneur.

En juin, on parlait pourtant encore de trois scénarii possibles.

Oui. En fait, Euriware est l’ancien service informatique d’Areva, qui est devenu une filiale pour travailler avec des clients externes, ce qui représente aujourd’hui 42% de notre activité. Le premier de ces scénarii était de récupérer l’activité faite pour Areva dans la société et de laisser mourir celle effectuée pour d’autres clients, ou de la vendre, chose en fait impossible car Euriware n’est pas intéressant pour le marché s’il n’y a pas la clientèle d’Areva. La deuxième solution était de garder Euriware dans le groupe Areva en l’aidant à développer ses activités externes, en remettant des fonds et une force commerciale qu’on nous a retirée depuis quatre ans, en passant de 34  à 4 commerciaux. Et ceci dans un contexte où l’on se disait : le nucléaire repart, on va vendre un EPR par semaine, donc pas besoin de travailler à l’externe. Mais le marché du nucléaire, surtout depuis Fukushima, n’a pas connu autant de demande que prévu, donc on nous a dit de retravailler à l’externe. Sauf qu’on n’a plus les investissements et les commerciaux pour le faire. Ce deuxième scénario consistait donc à revoir cette politique pour redonner un souffle à Euriware afin qu’elle puisse vivre normalement. Je précise d’ailleurs que cette entreprise reste totalement rentable. Il n’y a aucun problème de ce côté-là, avec une trésorerie qui a dépassé toutes les espérances en décembre dernier.

Il y a eu l’année dernière deux millions d’euros de bénéfice.

Oui, mais au niveau de la trésorerie, on était monté à 29 millions. On avait doublé notre fonds de roulement en un an. C’est donc une boîte qui fonctionne super bien, et on la vend uniquement parce qu’on veut s’en séparer. Ce qui est le troisième scénario, la vente à une grande SSII. Les arguments qui nous ont été donnés le 11 juillet, c’est que les deux premiers scénarii n’avaient pas été étudiés. Le 18 juin, au comité France d’Areva, le PDG Luc Oursel s’était pourtant engagé à ce que la direction d’Euriware nous présente les trois scénarii chiffrés, avec le choix définitif. Or, en guise d’études chiffrées pour les deux premiers scénarii, on nous a dit qu’il n’y avait pas de temps à perdre là-dessus, car le scénario de la cession avait été choisi depuis le début.

C’est pour ça que je vous demandais si vous aviez été surpris, car alors que vous vous attendiez à la présentation de trois options, seule la vente a en fait été envisagée.

Pour nous, c’était évident qu’ils voulaient vendre, mais ce qui nous a choqué, c’est ce langage, le « on n’avait pas de temps à perdre ». Le premier scénario, c’est clair qu’il était à oublier. Mais le deuxième, c’est celui qu’on voulait. Et de toute façon, même pour le troisième, on ne nous a pas donné d’études chiffrées. C'était comme une évidence. Et nous avons vécu comme une insulte qu’on le présente comme la seule solution pour rajeunir les salariés, baisser les coûts de production et bénéficier de meilleures compétences. Bref, on est trop vieux, trop cher et incompétents. Mais cette décision, ce n’est pas que celle d’Areva, ça vient du ministère de tutelle, l’Economie et les finances. En Novembre 2011, François Baroin avait convoqué Oursel pour imposer un plan de cession d’1,2 milliard d’actif par an entre 2012 et 2016, avec en plus 30% d’économie dans le budget informatique. Cette année, il y a déjà eu plus d’1,2 milliard d’actifs cédés. Euriware ne rentre donc pas dans cet objectif, mais dans le plan de baisse des coûts informatiques.

Vous dites que ces restrictions du budget informatique dans l’industrie nucléaire posent un problème de sécurité. Pourquoi ?

A plusieurs titres. Il y a d’abord la partie sociale avec des suppressions d’emplois, car les repreneurs qui sont visés ont des politiques d’offshorisation de la gestion du système informatique de leurs clients dans des pays comme l’inde, la Pologne ou le Maroc. Cela nous inquiète beaucoup car on a deux centres qui font de l’info-gérance, un à Cherbourg et un à Chambéry. Ils pourraient très vite être délocalisés, surtout celui de Chambéry qui ne travaille pas sur le groupe Areva. Ensuite, on ne traite pas de la sureté nucléaire à Chambéry, mais le centre de Cherbourg travaille à 99% pour Areva et info-gère l’informatique du groupe. Cela implique des applications techniques et scientifiques, notamment celles qui gèrent les matières nucléaires, leur stockage, leur retraitement, leur enrichissement et leur transport. L’informatique contrôle tout ça, mais on pourrait le confier à des sociétés offshore à bas coût.

Avec quels risques ?

Déjà des fuites sur des secrets industriels, mais aussi sur le secret des lieux de stockage ou les méthodes utilisées. Si on extrapole, cela pourrait finir par alimenter des réseaux terroristes. En tout cas, on est soumis à des conditions de sécurité draconiennes, et il n’est pas sûr qu’un repreneur fasse la même chose avec des Polonais ou des Marocains.


Vous ne surveillez tout de même pas les centrales et leurs accès, une problématique que l’opération de Greenpeace à Tricastin a soulevée.

Non, l’informatique n’a rien à voir avec ça. On gère seulement le contrôle commande nucléaire, pas l’accès aux centrales. Elles bénéficient de services de sécurité propres à EDF et à Areva. D’ailleurs, cette affaire de Tricastin ne signifie pas forcément que les centrales ne sont pas sécurisées. Car les gens étaient identifiés et ça aurait fait mauvais genre de tirer sur des mecs de Greenpeace. Cela n’aurait pas été la même chose avec des personnes non identifiées. Et puis, ils avaient passé deux portes mais n’étaient pas au coeur du réacteur.

De toute façon, ce qui concerne la gestion des centrales nucléaires effectuées par Euriware doit être réintégré dans Areva. L’activité la plus sensible ne sera donc pas cédée et ne risque pas d’être délocalisée.

265 personnes vont effectivement réintégrer Areva, sur la base du volontariat. Le contrôle commande des centrales sera donc toujours assuré en interne, mais concernant la gestion des matières nucléaires, certaines données techniques, comme par exemple le plan des centrales, resteront gérées par Euriware.

Ce qui vous met particulièrement sur la sellette à Technolac, c’est en fait de ne pas toucher au nucléaire.

Oui, cela nous fait redouter une baisse d’activité et un départ des emplois pour des pays à bas coût. On a d’ailleurs vu des offres d’emplois pour des centres d’appel de CAP GEMINI - le favori pour la reprise - au Maroc. Elles correspondent exactement à notre activité. Mais avec des payes de 500 euros par mois, alors que le salaire moyen est ici de 2000 euros.

Le centre de Chambéry serait-il le premier susceptible de fermer ?

Tout à fait. On avait d’ailleurs un rendez-vous mardi dernier à la DIRECCTE (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi), une agence du ministère du Travail où était également convoqué mon homologue de CAP GEMINI. Et c’est lui qui m’a annoncé qu’elle était annulée. Avec d’autres signaux internes et externes, cette annulation de dernière minute semble démontrer que le choix du repreneur est déjà fait par AREVA, et qu'il se porterait bien sur le groupe CAP GEMINI. Ce qui n'est pas pour nous rassurer au regard des relations sociales qui y règnent et de la politique de délocalisation affichée et assumée du groupe dirigé par le seul patron dit socialiste du CAC 40. Alors on connaît la méthode pour une fermeture de site, et ça peut être très rapide. En six mois, on peut délocaliser tout un service, non pas avec des licenciements mais des délocalisations forcées. Il n’y a pas de plan social, mais si on refuse de partir, on est licencié sans cause économique.

Lors de la venue de Jean-Marc Ayrault et Arnaud Montebourg à Saint-Jean-de-Maurienne pour la reprise de l’usine Rio Tinto, vous avez essayé de les rencontrer pour leur exposer votre situation. Comment cela s’est-il passé ?

On n’a pas été reçu. On avait pourtant obtenu un rendez-vous avec Montebourg à 13h à la sous-préfecture grâce aux RG et à une demande appuyée par le sénateur Vial, qui préside le site de Technolac. Mais à 14h15, on a appris qu’il ne voulait pas nous voir, car il a prétendu ne pas être au courant du rendez-vous. C’est quand même un peu fort ! On est donc allés à l’usine Rio Tinto où on a été suffisamment turbulents pour que le conseiller énergie de Matignon écoute notre cas. On lui a remis notre dossier, et il a dit ne pas être au courant. Mais on a bien vu que ce n’était pas le cas. C’est un dossier traité au niveau du Gouvernement, qui ne veut pas nous rencontrer. Il n’y a pourtant qu’eux qui pourraient faire changer les choses.

C’est que l’Etat est le principal actionnaire.

Oui, le Commissariat à l’énergie atomique détient 68,8% d’Areva, et Areva 100% d’Euriware.

Côté politique, seriez-vous plus écoutés en Savoie qu’à Paris ?

Juste par Monsieur Vial, avec qui on continue d’échanger. A Cherbourg, des élus ont écrit à Montebourg, mais ils n’ont obtenu aucune réponse. Nous, on a écrit à Bernadette Laclais, mais elle n’a pas répondu à notre demande d’audience. Tout comme Thierry Repentin et Dominique Dord. Non, le seul qui voit le risque de perdre 200 emplois à Technolac, c’est le sénateur Vial. Malheureusement un appui qui n’est pas du bon côté politique.

Résultat, vous êtes aujourd’hui prêts à montrer vos fesses pour attirer l’attention. Devenir des fessemen en posant votre caleçon, c’est le seul moyen qu’il vous reste pour faire entendre votre voix ?

C’est un clin d’œil. Notre problème est qu’on n’arrive pas à attirer l’attention des médias et du public. Alors un de nos militants a lancé cette idée en espérant créer un buzz en s’inspirant des femen, qui sont bien plus efficaces que nous, et tant mieux pour elles. Mais oui, on est maintenant prêts à montrer nos fesses pour se faire entendre !

Entretien : Brice Perrier

 

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