La vision de la région d'Europe Ecologie est un fédéralisme différencié. Donnons vie en Savoie dès 2010 à cette région nouvelle que présente ici Tudi Kernaleggen.

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La philosophie écologiste sur la question des institutions territoriales peut être résumée en trois concepts, dosage porteurs de trois valeurs : subsidiarité (proximité), péréquation (solidarité), régionalisme (humanité). L’horizon, le sens, de ces trois valeurs est la démocratie, et elles s’inscrivent dans une vision ascendante du pouvoir.

Miss Pays de SavoieLe 13 septembre, buy le tout Chambéry assistait au couronnement de Miss Pays de Savoie.  Une soirée de paillettes entre champagne tiède et chaude ambiance...

18h00 En ce début de soirée quasi automnal, viagra 100mg la foule se presse par petits groupes aux abords du Manège. Ici, here on est plutôt habitué à recevoir des colloques sur les prothèses dentaires ou sur l’avenir du tourisme en montagne, mais dans quelques heures, on va couronner une jeune inconnue, élue, le temps d’un soir aux allures de sacrements païens, reine de beauté des pays de Savoie.

Est-ce un vieux fantasme ? Une curiosité malsaine ? Ou tout simplement l’envie de voir un peu de cuisseaux ? Toujours est-il que je suis là, moi aussi, à me faufiler tant bien que mal jusqu’à l’entrée où se déroule une sélection draconienne. « Vous êtes qui ? Journaliste ? Vous vous mettez là-bas. » On me dirige vers un groupe d’une dizaine de personnes qui patientent comme ils peuvent, éparpillés sous les palmiers défraîchis du hall. Et me voilà aux cotés de deux photographes accrédités. L’un s’adresse à l’autre, tout en manipulant son appareil façon rubik‘s cube. « Tu crois que ça va finir à quelle heure cette saloperie ? Quoi, minuit ? Putainnn… » Laissant le gars à sa consternation j’observe, derrière les baies vitrées, le ballet des arrivées. Tout le gratin chambérien endimanché s’agglomère sous un soleil rasant. Je reconnais quelques visages, des commerçants ou des notables du coin.  D’après ce que m’a dit la standardiste du comité Miss Pays de Savoie, la majorité d’entre eux ont été invités et n’ont donc pas eu à s’acquitter des cinquante euros demandés pour le dîner spectacle.

Miss Pays de Savoie

18h30. Une dame qui se présente comme étant Gamra Dumont (présidente du comité savoyard et co-organisatrice de la soirée) nous indique que l’on va nous faire monter à l’étage des réjouissances. Le journaliste du Dauphiné se plaint d’avoir perdu une heure. « On vous avait dit 17h30, ouverture des portes ! », réplique la présidente, avant de s’excuser du bout des lèvres pour le retard. Arrivés à l’étage, un gars en costume s’en prend au type chargé de placer les gens à table. « Je ne veux pas qu’on me rembourse, j’ai payé, je veux ma place ! » Ça démarre fort. Miss Pays de SavoieJ’en profite pour faire le tour de la salle immense dans laquelle s’entassent peu à peu les 500 convives. Les journalistes sont lâchés dans la nature et essaient de se faire le plus petit possible au milieu des tables de restaurant. De ce coté là non plus, rien n’a été prévu. In extremis, je me dégote un siège à une table, semble-t-il un peu oubliée, tout au fond de la salle. Une famille m’y rejoint. Eux aussi se retrouvent sans place et en veulent particulièrement à Gamra Dumont, qui les a envoyés bouler malgré les quelques trente euros par personne dépensés simplement pour assister au spectacle. Mais les serveurs ont la bonne idée de déposer des bouteilles de champagne aux tables, ce qui calme tout le monde, ou presque. La sérénité revenue, la cérémonie peut enfin commencer.

19h00 Gilbert Perrier, président du comité interprofessionnel des vins de Savoie et autre organisateur de l’événement, lance la soirée. « On a refusé plus de 300 personnes, alors soyez indulgents si vous n’êtes pas encore placés et dite-vous que vous faites partie des privilégiés… » Ceux qui ont payé pour assister au show et se retrouvent sans place apprécieront cette délicate entrée en matière. Vient l’entrée des premières miss, habillées sobrement de longues robes sombres. Elles s’approchent à tour de rôle du micro pour décliner leurs identités. « Bonsoir à tous ! Je m’appelle Marion Baumard, j’ai 18 ans, je pratique la danse sportive depuis l’age de 12 ans et je pense avoir atteint tous mes objectifs dans cette discipline. C’est pour cela que je me suis lancée dans l’élection de Miss Pays de Savoie. » « Bonsoir ! Je m’appelle Angélique Favre, j’ai 18 ans, et je prépare actuellement un BTS Management des unités commerciales… » Leurs démarches sont un peu hésitantes, leurs voix déraillent parfois sous le coup de l’émotion. Elles portent un énorme numéro au poignet droit, ce qui accentue le sentiment d’assister à l’élection de la plus belle génisse d’une foire agricole. Pendant qu’un type au smoking noir et cheveux gominés explique les règles du vote, je partage un verre de champagne à peine frais avec mes voisins de tablée. Ils sont parents avec Amélie Gagliardi, la candidate numéro 8, et sont venus spécialement de la Yaute pour l’encourager. Ils m’expliquent qu’Amélie, pour arriver ici, a simplement répondu à une annonce en envoyant photo et lettre de motivation. Sur la base de ce courrier, elle et cinquante-deux autres jeunes filles ont été convoquées début août à Epagny, près d’Annecy, pour une journée où elles durent prendre la pose et se soumettre à une batterie de tests pour vérifier leurs mensurations, mais aussi répondre à des questions de culture générale, du genre : en quelle année le mur de Berlin est il tombé ? Les seize à parader ce soir sont les survivantes de cet écrémage.  Et Madame Gagliardi d’ajouter dans un soupir : « Ca fait maintenant trois jours qu’elle est partie pour préparer cette cérémonie et, depuis, non seulement on n’a pas pu la voir, mais on n’a pas non plus de ses nouvelles… »

20h30 Sur scène, c’est l’heure du très attendu défilé en maillots de bain. Dans une ambiance soudainement électrique, les miss se déhanchent dans leur une pièce en uni bleu au son d’un R’NB survitaminé. Les photographes mitraillent comme jamais. Une partie de la salle se lève pour mieux voir, sous les cris des autres. « Assis ! Assis ! Bon sang ! » Après ce moment de chaude émotion collective, le speaker annonce le ramassage des bulletins de vote du public, suivi d’une demi-heure de pose afin de procéder au dépouillement. Aussitôt, une horde de serveuses, elles aussi en pause, dévalent les escaliers, hilares et filent les unes vers les toilettes, les autres dehors pour fumer une clope. J’en profite moi aussi pour sortir de ce boomker redécoré façon bonbonnière et vais manger un bout dans l’un des troquets du coin.

21h15 De retour, le show a déjà repris. Justine, jeune journaliste à l’Essor Savoyard, m’annonce que j’ai loupé l’entrée en scène de Geneviève de Fontenay, qui aurait fait éclater de rire l’assemblée en déclarant qu’il valait mieux assister à l’élection de Miss Pays de Savoie que de regarder Secret Story… Miss Pays de SavoieAprès que d’anciennes miss aient interprétés des tableaux vivants, à la limite du ridicule, sur des airs de musiques classiques revisitées à la sauce techno, Geneviève is back. La dame au chapeau crie son attachement à la Savoie : « Je suis un peu savoyarde, parce que mes parents ont fait leur voyage de noces à Annecy et c’est là qu’ils m’ont conçue… Pourquoi les prochaines élections de Miss France n’auraient-elles pas lieu en Savoie ? A Chambéry ! » Bernadette Laclais, présente au premier rang, reste de marbre, mais la salle exulte. D’ailleurs, à chacune de ses interventions, De Fontenay fera un véritable tabac à l’applaudimètre. Bien plus que les miss, c’est elle la vraie star de la soirée.

22h30 Enfin, à la suite d’une interminable séance de blabla et d’une ribambelle de récompenses aussi secondaires que publicitaires - le prix Savoie Expo, l’élection Miss Sympathie (t’es pas belle, mais t’es cool) ou encore celle de Miss élégance (t’es pas belle, mais t’as du style) - , voici enfin venu le couronnement auquel on ne croyait plus. Dans le public, les avis divergent entre ceux qui verraient bien Gallay Artémise accéder au Saint Graal, ceux pour qui Tiare Edwige mériterait de l’emporter et ceux qui n’ont pas d’opinion, mais attendent poliment que ça se termine pour rentrer chez eux. Attention, roulement de tambour… le speaker prend sa plus belle voix : Edwige Tiare est élue Miss Pays de Savoie 2009 ! Applaudissements à tout rompre dans la salle. La jeune Aixoise de 22 ans essuie ses premières larmes et on lui égraine la liste des cadeaux qu’elle remporte.  Entre une trousse de beauté et le traditionnel cadeau d’un an de coiffure gratos chez Saint Algues, on y trouve aussi un DVD sur l’histoire des Comtes de Challes… Pas sûr qu’il termine dans sa vidéothèque idéale. Dans une dernière intervention, Geneviève De Fontenay, voulant certainement avoir un mot pour les déçues, affirme que les élections de miss, c’est comme pour le Président de la République, « ce n’est pas toujours le meilleur qui est élu ». Sympa pour la toute fraîche Miss Pays de Savoie…

23h00 La scène est prise d’assaut par une cohorte de journalistes et de photographes suivie de près par des centaines de fans. Les gardes du corps sont débordés. Geneviève littéralement agrippée par le bras par des badauds prêts à tout pour lui tirer portrait. Dans cette marée humaine, j’arrive à me hisser aux cotés de la nouvelle tête couronnée pour lui poser une question qui me titille. Miss Pays de SavoieAlors Edwige, comment se sont passées ces journées de préparations à l’élection ? Vous aviez le droit de sortir ou vous viviez en vase clos ? Regards décontenancés de la belle. Aussitôt, une main me barre l’accès aux Miss. C’est un vigile en noir, sorti de je ne sais où. « C’est bon monsieur, plus de questions. » Je proteste mollement, puis m’éclipse. Une fois dehors, j’aperçois une autre candidate, traînant sa valise à roulettes. Finis les projecteurs et les robes de soirée, elle a retrouvé un bon vieux jean et ressemble à Cendrillon à la sortie du bal, attendant son carrosse (et son mec probablement), pour rejoindre sa chaumière. Je retente le coup. Mademoiselle. Vous venez de la soirée ? Je peux vous demander comment se sont passés les trois jours de préparations ? Regards noirs. « Mais, vous êtes journaliste ? Où ça, au Dauphiné ? » Heu… non ! « De toute façon, je ne peux pas répondre à ça, on a une close de confidentialité signée avec le comité d’organisation… » Elle dégaine son portable. « Allo ? Chéri, tu viens me chercher ? » Je laisse Cendrillon sur le trottoir, et m’interroge sur cette fameuse préparation si particulière qu’elle nécessite une close de confidentialité, avant de finir par quitter les lieux. Laissant derrière moi les couronnes, les écharpes, les miss, leurs secrets, et le Manège. Désenchanté.

Frédéric Delville

 

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