Cet hiver, cialis 40mg l'informatisation de la billetterie des sites nordiques se généralise. Fini les vieux forfaits en papier, approved place au code barres individuel. La technologie ferait-elle prendre au fond une mauvaise pente ?

Dynamique, le ski nordique en ce début d'hiver. Excellent pour la santé et la forme, proche de la nature mais aussi ludique, il poursuit sa reconquête auprès des Savoyards. « La fréquentation est en hausse. De plus en plus de gens viennent découvrir la pratique, se réjouit Céline Sert-Marc, de l'association Haute-Savoie Nordique. Une nouvelle clientèle se dessine, parmi laquelle les familles qui souhaitent se retrouver ensemble dans un moment de convivialité, loin de la cohu du ski alpin. Le nordique est en concordance avec les tendances actuelles de la société. » Il suffit de se rendre régulièrement sur les sites nordiques savoyards pour faire le même constat. On y découvre aussi qu’en s'offrant un relookage marketing et une cure de rajeunissement avec la campagne So Nordic !, les acteurs de la filière ont cet hiver généralisé l'informatisation de la billetterie des sites. Désormais, les fondeurs se voient ainsi dotés d'un code barres individuel en guise de forfait.

 

Cette informatisation de la billetterie ne concerne pour le moment que le Nordic Pass Rhône-Alpes, un unique abonnement permettant de skier pour 115 euro (32 pour les moins de 17 ans) dans 83 stations de toute la région, excepté le domaine des Aravis. « L'objectif est que nos clients puissent skier librement pour une saison de glisse, tout en permettant aux gestionnaires en charge des domaines de se répartir de façon équitable le produit des ventes afin de maintenir la qualité de leur offre », détaille Céline Sert-Marc. C'est en fait en décembre 2009 que ce nouveau dispositif a été lancé, soit trois ans après que l'idée eut germée dans la tête de deux élus isérois, le sénateur UMP Jean Faure et le conseil régional PS Bernard Soulage. « L'idée est de dire aux gens, c'est simple de faire du ski de fond. Je le vois sur le transport. Vous achetez une carte, vous avez une puce, elle est valable partout, vous avez un abonnement à l'année. Et bien cela, c'est un des éléments qui a fait que les gens ont repris le train. J'espère qu'il en sera de même pour le ski de fond », expliquait alors l'élu régional après avoir testé le dispositif lors de son inauguration à Autrans, dans le Vercors.

Des puces au « Tag 2D »

Avec ce dispositif, le skieur nordique disposait d'une mini-carte de crédit à glisser dans sa poche et un badge informatique à mettre sur une chaussure lui permettant d'être d'identifié à son passage et ainsi d'éviter d'avoir à passer à nouveau aux caisses une fois son premier achat réalisé. Neuf sites nordiques, dont quatre en pays de Savoie, l'ont expérimenté. Résultat, ce système de badges et de puces a été abandonné au profit de la technologie des flash code ou Tag2D, ou pour faire plus simple des codes barres individuels sous la forme d'hologramme. Les mêmes que pour les publicités. « Devoir mettre un badge sur les chaussures, ce n'était pas pratique du tout. La technologie ne doit pas être une contrainte pour nos clients. En plus, elle ne s'adaptait pas à l'espace des sites nordiques et ce n'est pas dans l'esprit du nordique de restreindre et de contraindre comme dans le ski alpin », justifie Céline Sert-Marc. Désormais, le fondeur valide à chaque sortie sa carte Tag2D dans les bornes prévues à cet effet à l'entrée des domaines ou la présente lors des points de contrôle aux pisteurs secouristes qui la flasheront avec leur smartphone. Coût de la mise en place de ce qui peut apparaître comme un gadget technologique : un million d'euro dont la moitié a été financé dès 2009 par la Région Rhône-Alpes.

Rajeunissement ou veillissement du ski nordique ?

« L'objectif est de donner une image moderne du ski de fond auprès du grand public en utilisant les dernières technologies », dixit Bernard Soulage en 2009. Ce recours à la technologie, Laurent, pisteur-secouriste nordique, le considère au contraire comme archaïque : « En quoi déshumaniser l'accès aux pistes est un progrès ? » Il y voit plutôt « une nouvelle opportunité de monétariser les pratiques de la montagne ». Pour lui, le vieux système de forfait papier était suffisant. « Le contrôle des badges, c'est un moment convivial. Très vite, les habitués deviennent des gens que tu connais et avec qui tu échanges quelques phrases. Ce ne sont pas simplement des cartes avec un code barres que tu dois flasher comme avec des produits lors des courses au supermarché. » Laurent craint que le Tag2D entraîne une disqualification de l'activité pisteur-secouriste nordique, en plus de la réduction potentiel de leur nombre, ce qui mettrait potentiellement en danger les fondeurs débutants. « On ne fait pas que contrôler l'accès aux pistes. Notre travail, c'est aussi de conseiller les skieurs, vérifier qu'ils ont du matériel adapté. On fait un véritable travail de prévention indispensable pour empêcher les mésaventures et les accidents. » Et d'ajouter ensuite, un brin remonté : « Je ne suis pas contre la technologie, mais il faut l'utiliser correctement. Là, ça ne développe pas du tout une bonne image du ski nordique et surtout ça renie la liberté d'évoluer sur un domaine ouvert, sur un rapport de confiance et non pas de contrôle et de surveillance. Ça va causer beaucoup de tort à la pratique. »

Des skieurs peu critiques

Cette informatisation de la billetterie des sites nordiques seraient pourtant très attendue des pratiquants selon ses promoteurs. 4 000 Nordic Pass Rhône-Alpes ont été vendus en ce début de saison, soit quatre fois plus que l'année de son lancement. « C'est très bien perçu par nos clients, nous n'avons pas eu de retours évoquant des réticences », nous assure Céline Sert-Marc. Mais qu'en pensent vraiment les pratiquants ? Le plus simple, c'est de leur demander directement. On opte alors pour les Bauges et le domaine de Savoie Grand Revard.

 

« Je ne suis pas au courant » ; « De quoi parlez-vous ? » ; « J'en ai pas entendu parlé » ; « C'est une nouveauté votre truc ? » A écouter ces premières réponses glanées sur l'un des parkings de La Féclaz, les fondeurs apprennent l'existence de ce nouveau dispositif lors de notre petit micro-trottoir et ne savent pas trop quoi en penser. En même temps, il est vrai qu'on les prend un peu au dépourvu. Direction maintenant le départ des pistes, afin de partir à la recherche d'un skieur arborant sur le bras son code barres individuel. Après une dizaine de kilomètres, la chance nous sourit. Enfin. Là devant nous, ils sont deux, en train de souffler après une petite côte permettant d'accéder au secteur du Marais, à Saint-François-de-Sales. On les interpelle et la discussion s'engage. « Je trouve ça très pratique, ça me permet d'aller skier sur tous les sites en Rhône-Alpes avec le même forfait. C'est plus la même galère qu'avant où il fallait très souvent faire la queue à la billetterie. » Son coéquipier approuve, puis ajoute : « En plus d'être pratique, ça revient beaucoup moins cher à la fin de la saison. » Et cela ne vous dérange pas d'avoir un gadget électronique sur le bras ? « Je ne vois pas où serait le problème. Je ne comprends pas, car j'en suis très content » ; « J'utilise simplement le service qu'on me propose... et jusque là j'ai pas eu à m'en plaindre »

 

Interpellé par notre discussion, un autre fondeur s'approche. Pas le même genre de praticien du ski nordique. Exit les skis de skating dernières générations et place aux vieux double crown, des comme on ne fabrique plus aujourd'hui. « Quand j'ai commencé à skier dans les années 70, c'était gratuit. Puis, une redevance a été mise en place, augmentant petit à petit chaque année. Tout ça est fait dans l'objectif de rentabiliser la montagne. Maintenant, les gens ne visent plus que ça, mais la pratique de la montagne ce n'est pas ça. » Une dizaine de kilomètres plus tard et sans avoir croisé de nouveau Tag2D, on est de retour à notre point de départ, un peu fatigué. On en profite quand même pour questionner à nouveau quelques skieurs. Même réponse que deux heures auparavant, ils découvrent. Un seul se sent concerné. « J'ai vu une borne au départ de Saint-François, il y a une semaine. Je me demandais à quoi ça pouvait bien servir, mais maintenant j'ai la réponse. Merci. » Et vous en pensez quoi ? « Euh... je dois y aller là. » On en sera donc pas plus. On tente une dernière fois notre chance avant de redescendre sur Chambéry. Peut-être tombera-t-on cette fois-ci sur un fondeur à l'esprit critique. « Pour moi, ça n'a aucun intérêt ce truc. Quand je viens au ski de fond, je n'ai pas envie qu'une machine sache à quelle heure je suis parti et à quelle je suis rentré, sur quel site je suis allé. C'est terrible d'en arriver là. Pendant qu'on y est, pourquoi pas aussi des caméras de vidéo-surveillance et un système de carte biométrique ? » 

Vers une dématérialisation de la billeterie

Bref, le code barres individuel pour skieur nordique est donc bien parti pour réussir son développement et devenir assez rapidement indispensable. « L'objectif à terme est de parvenir à équiper un maximum de sites en Haute-Savoie et en Savoie », conclu Céline Sert-Marc. Autrement dit, les fondeurs n'auront bientôt plus la possibilité, même pour les abonnements locaux comme c'est déjà le cas dans le massif des Aravis, de se passer de cet outil technologique. Pour l’hiver 2012-2013, les skieurs pourront même acheter leur forfait par Internet ou le télécharger directement sur leur smartphone, « la dématérialisation des forfaits sera alors effective ». Une telle évolution présage encore un peu plus un futur de plus en plus proche où l'électronique « personnalisée » sera devenue obligatoire. Mais est-il vraiment nécessaire de constituer un fichier de données électroniques pour permettre la réciprocité entre les sites nordiques ? Ce fichier va-t-il vraiment simplifier la pratique du ski de fond ? Qu'adviendra-t-il si ces données sont un jour couplées avec celles d'autres fichiers ? A vrai dire, on n'en sais rien. Et c'est peut-être mieux comme cela. 

Mikaël Chambru


Pour découvrir le ski nordique, Savoie Nordique et Haute-Savoie Nordique organisent des journées de découverte et d'initiation gratuite. Les prochaines auront lieu le 29 janvier à Praz-sur-Arly, puis le 5 février à Champagny-en-Vanoise.

 

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