Alors que Christiane Taubira s'abstient de chanter La Marseillaise et que le maître de cérémonie du festival de Cannes la qualifie de chant xénophobe, apprécions l'hymne savoyard. Il est universel !

L’hymne de la Savoie est une ode à la liberté, où nul n’a de sang impur dans un monde où doivent tomber les frontières. On peut donc en être fier, et c’est d’ailleurs à cause des paroles de ce chant que la Voix est celle des Allobroges. Intitulée à l’origine Le Chant de la liberté, cette chanson écrite par Joseph Edouard Philippe Dessaix fut inspirée par le statut constitutionnel qui venait d’être accordé à la Savoie par le roi Charles-Albert. Elle a été chantée pour la première fois publiquement par l’actrice Clarisse Miroy le 11 mai 1856 au théâtre de Chambéry. Le public fut immédiatement enthousiasmé, reprenant en cœur le refrain « Allobroges vaillants ». Le titre de la chanson devint donc Les Allobroges. Accueilli de façon délirante dans les jours qui suivirent à Aix-les-Bains et à Annecy, ce chant gagna toute la Savoie. Et aux trois couplets de départ en furent rapidement ajoutés deux, qui font de ce cri d’espoir un véritable hymne européen, voire mondial. C’est quand même autre chose qu’un appel aux armes doté d’un refrain raciste et sanguinaire...




Les Allobroges


Je te salue, ô terre hospitalière,

Où le malheur trouva protection !

D’un peuple libre, arborant la bannière,

Je viens fêter la constitution.

Proscrite hélas, j’ai dû quitter la France,

Pour m’abriter sous un climat plus doux.

Mais au foyer, j’ai laissé l’espérance,

En attendant (bis), je m’arrête chez vous !


Refrain :

Allobroges vaillants, dans vos vertes campagnes,

Accordez-moi toujours asile et sûreté,

Car j’aime à respirer l’air pur de vos montagnes :

Je suis la liberté, la liberté !


Au cri d’appel des peuples en alarme,

J’ai répondu par un cri de réveil :

Sourds à ma voix, ces esclaves sans armes

Restèrent tous dans un profond sommeil,

Relève-toi, ma Pologne héroïque,

Car, pour t’aider, je m’avance à grands pas !

Secoue enfin ton sommeil léthargique,

Et je le veux (bis), tu ne périras pas !


Un mot d’espoir aux peuples d’Italie :

Courage à vous, Lombards, je reviendrai !

Un mot d’amour au peuple de Hongrie :

Forte avec vous, oui je triompherai !

En attendant le jour de délivrance,

Priant les dieux d’apaiser leur courroux,

Pour faire luire un rayon d’espérance,

Bons Savoisiens (bis), je resterai chez vous !


Fils du Piémont et de la Ligurie,

Honneur à vous, intrépides guerriers !

En revenant saluer la patrie,

Sur son autel, déposez vos lauriers.

N’oubliez pas cette heure où la victoire

Vous conduisit sous des cieux inconnus.

Mais en ce jour, caressés par la gloire,

Avec la paix (bis), soyez les bienvenus !


Chez les humains, toujours je fais ma ronde :

Mon but unique est de tous les unir.

J’espère bien faire le tour du monde.

Et triompher dans un proche avenir ;

Je veux raser ces murailles altières,

Qui des tyrans abritent les courroux ;

Je veux bientôt voir tomber les frontières :

La terre doit (bis) être libre pour tous.



Article initialement publié dans le n°17 de la VDA (été 2008)

 

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