Notre "correspondant permanent" à Alger témoigne d'une journée de vote finalement paisible. On craignait des débordements, mais la cohue s'est presque limitée au ballet des journalistes.

Ça y est, le 17 avril est arrivé. Les journalistes du monde entier ont envahi les rues et les hôtels d’Alger pour observer ce qu’il va bien pouvoir se passer en cette belle journée. Guettant le moindre signe de manifestation, ils s’attablent aux terrasses de la place de la Grande Poste située en plein centre-ville. Le grand rendez-vous de la journée s’est déroulé sur les hauteurs d’Alger, au bureau de vote du président-candidat. Devant les grilles de la petite école de quartier d’El Biar, d’habitude si calme, les journalistes se sont donnés rendez-vous à 10 h pour pouvoir faire une image de celui qui n’est plus réapparu en public depuis longtemps. La chaine de télévision chinoise CCCTV se dispute le bout de trottoir avec BFM TV.



Attendre sous le soleil

Dans une ambiance toute algérienne, les forces de police ont l’air un peu débordées devant l’impatience des journalistes. Seuls quelques-uns auront le droit de pénétrer dans la cour de l’école. Tant pis pour nous, nous n’avons pas de sésame pour franchir le check-point improvisé. France 2 a failli ne pas être pris, mais devant la protestation de l’équipe, ils ont finalement pu rentrer dans l’enceinte. Plus de place pour les autres journalistes, il faudra attendre sous le soleil matinal l’arrivée du chef d’Etat, tandis que les riverains venus voter se font entendre dans la cohue journalistique.

Une demie-heure plus tard, celui pour qui tout le monde est là arrive, précédé par un important dispositif de sécurité. Les berlines du convoi s’engouffrent dans la cour. Le pool de journalistes accrédités pour entrer dans le bureau de vote fera les images d’un président votant en fauteuil roulant. Quatre petites minutes plus tard, le convoi s’ébranle sans doute pour rejoindre l’appartement d’A. Bouteflika situé non loin.

Un air d'insouciance

La suite de la journée, c’est à Alger centre qu’on l’a passée afin de sentir l’atmosphère un jour de vote. Les collègues nous avaient prévenu de ne pas sortir ce jour-là. « Ça peux être dangereux, on ne sait jamais ce qu’il peut se passer… » Qu’à cela ne tienne, devant l’absence de consigne des services de l’Ambassade, nous décidons de profiter de cette journée estivale. Nous n’avons pas été les seuls. Les Algérois se sont donnés le mot et ils sont nombreux à flâner devant les quelques boutiques ouvertes en ce jour férié. La statue centrale de la place de l’émir Abdelkader, devant la mairie d’Alger centre, attire les enfants jouant au foot alors que les plus âgés jouent aux cartes. Un air d’insouciance toute méditerranéenne plane en ce premier jour de week-end prolongé. Seule la rotation d’un hélicoptère de la police au-dessus du centre-ville rappelle qu’aujourd’hui est un jour particulier. La présence policière est un peu plus importante que d’habitude autour de la fac centrale mais reste toutefois discrète dans une ville où de toute façon les forces de l’ordre armées font partie du paysage urbain.

Une journée d'été détendue

La fac centrale, c’est le lieu de rendez-vous des opposants au 4ème mandat de Boutef. Hier, le mouvement « barakat » (ça suffit) a organisé une manifestation qui a tourné court devant la présence des forces de l’ordre. En fait, aujourd’hui, les rues d’Alger ressemblent à n’importe quelles autres rues d’une grande ville au début de l’été. L’atmosphère y est calme et détendue, loin de la terreur annoncée par tout le monde. Demain, c’est vendredi, jour de prière dans le monde musulman et également jour de proclamation des résultats.


Olivier Crépeaux



 

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